Posté le 12.08.2007 par lavieestunarrosoir
Je vais déménager ce blog dans la journée, l'impossibilité de mettre des photos de plus de 3 000 000 de pixels justifiant ce choix... Je donnerai l'adresse individuellement quand tout sera prêt...
--
Posté le 15.07.2007 par lavieestunarrosoir
Jeff est un jeune garçon sensible et affecteux avec ses parents et son frère bubby. Fraîchement arrivé dans une nouvelle école, il devient pourtant le bouc émissaire de ses camarades à cause d'une vilaine cicatrice sur la lèvre. Il est rejetté de tous, sauf du très respecté Willy. Une belle amitié va naître, gaché cependant par une erreur de Jeff, et qui débouche sur un véritable drâme, au sens propre du mot...
Comment ne pas se reconnaître un tant soit peu dans une telle histoire ? Ce roman raconte avec subtilité et émotion la souffrance de l'exclusion, la difficulté d'avouer et les effets pernicieux de la culpabilisation... Une petite autobiographie poigante, et pleine de profondeur, qui satisfera tant les amateurs de belles histoires, qui lisent pour s'évader, que ceux qui cherche matière à refléchir à travers un prisme litteraire..
Une raison supplémentaire de lire ce livre : l'auteur, Bruce Lowery, est un américain qui écrit son oeuvre en français, et qui se retrouve ensuite obligé de la traduire dans son anglais natal... Suffisament rare pour mériter un petit coup de pouce.
Posté le 11.07.2007 par lavieestunarrosoir
En 2002, Jacques Chirac, alors fraîchement réélu pour un nouveau mandat, avait fait savoir qu'il considérait le dossier de l'insertion des handicapés dans la société comme une de ses priorités d'action. Il en avait fait l'un des "trois grands chantiers" de son quinquenat, avec la lutte contre l'insécurité routière et le combat contre le cancer. Il est désormais tant, à présent que son successeur est à l'élysée, de dresser un bilan de cette politique, et force est de constater que de nombreux efforts restent à faire.
Certes, depuis 5 ans, des progrès ont été accomplit. Il n'est que peu d'édifice public, construit aujourd'hui, qui n'est été pensé pour que les handicapés y trouvent toute leur place, et tout un corpus de loi fut voté. D'une manière générale, depuis une trentaine d'année, des évolutions multiples ont eut lieu dans notre façon d'aménager le territoire, à la suite d'une prise de conscience de la société, pour le plus grand bénéfice des handicapés. A Grenoble, l'ensemble du réseau de transport public est totalement est facilement accessible aux handicapés - c'est une prouesse qui a un coup réel, et qu'il convient de féliciter.
Mais nous restons encore si loin du compte, et chacun peut le mesurer dans sa vie de tous les jours. Pas plus tard qu'aujourd'hui, alors que je marchais dans les rues de ma cité étudiante, un handicapé sur un fauteuil roulant manuel - c'est devenu assez rare pour être signalé, en ville du moins, les progrès technologiques permettant une meilleure insertion des handicapés... - me demande de l'aide pour pouvoir rentrer dans une boutique. Il n'y avait pourtant aucune marche, simplement un seuil, quelques centimètres tout au plus, et cette difficulté, tout à fait anodine pour un valide, était infranchissable pour notre monsieur sans une aide extérieur. Evidemment j'ai répondu à son appel, et je l'ai aidé à rentrer dans le magasin. Qu'elle ne fut pas ma colère lorsque je m'aperçus, ma * mission :p * effectuée, que tous les gens à l'intérieur nous regardait tous les deux depuis le début ! Et personne de se bouger !!!
Mention spéciale à la société qui tenait la boutique, à savoir la multinationale SFR, dont la richesse ne rend que plus scandaleuse l'abscence d'adaptation - à plus forte raison pour un client. Il aurait suffit de tellement peu pour effacer ce seuil...
Cette anecdote m'a ammené à me poser quelques questions. D'abord, que fait-on dans ce pays de l'argent public ? Un plan handicap a été voté, des fonds ont été débloqué, et presque la moitié des fonds rapporté par la "journée de solidarité" du lundi de pentecôté, initialement prévu pour les maisons de retraite suite à la canicule de 2003, a également été affecté. Alors, où est passé l'argent ? Il est malheureux de voir ce pays, si attaché à la chose publique, en ayant historiquement une si haute idée, estime, et de voir que les politiques menés n'ont souvent que peu d'impact sur la réalité quotidienne...
Ensuite, comment faire bouger les choses ? Ou sont les contre-pouvoirs qui permettraient de faire remonter les insuffisances, et de prendre, le cas échéant, les mesures nécessaires ? Le second pouvoir, le parlement, n'est qu'une réalité fictive en France, puisque les députés ne remplissent pas leurs rôles. Le troisième, le pouvoir judiciaire, est discrédité aux yeux des français, pas seulement depuis l'affaire Outreau (cette institution est le service publique dans lequelle les français ont le moins confiance, et de loin (-de 1/2...)). Ne reste que le quatrième pouvoir, qualifié de médiatique, qui entraîne la tyrannie de l'opinion, et le lobying des associations, pour se faire entendre... Comment croire que les politiques publiques peuvent être efficace dans ce contexte ?
Ou comment passer d'un handicapé bloqué au seuil d'un magasin à une nécessaire réforme des institutions...
Posté le 07.07.2007 par lavieestunarrosoir
Rien de plus naïf, de plus désintéressé, de plus ressourcant aussi, qu'une ballade effectuée un crépuscule d'été, à plus forte raison quant on en profite pour prendre quelques photos dénuées d'ambitions, juste pour immortaliser un moment par définition fugitif...
J'aime ma région, j'y vivrais bien volontier s'il n'y avait tous ces gens que je ne peux pas supporter...
Une spéciale dédicace à ma soeur, qui a eu les résultats de ses épreuves anticipées de baccalauréat, et qui s'en ait tiré avec honneur * un peu plus même *. 10 à l'écrit de français, et 16 aux oraux de français et d'histoire, c'est encourageant, et ca fait 18 points d'avance, qui ne seront, j'imagine (mais j'espère bien que non) pas de trop.
Bref, un billet pour pas grand chose, mais ça change aussi de ne pas se prendre la tête...
Note annexe : j'éprouve une certaine difficulté à mettre des images sur ce blog, pour la bonne raison qu'elles nécessitent une taille inférieure au méga... Vous savez comment faire pour les réduire ? autrement, je me verrai obliger de déménager, d'autant que cette plate-forme de blog connaît certains bugs toujours déplaisant... (avec les billets et les commentaires !)
Posté le 06.07.2007 par lavieestunarrosoir
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'espérance, comme une chauve-souris,
S'en vas battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveau,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement,
-- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
***
Baudelaire
(j'espèR pa avoaR fé tro de foT allah copy)
***
Ce que j'ai à dire ce soir sera bref, en comparaison de ce qui va venir demain ou après-demain...
En ce moment, de nombreuses personnes de mon entourage (dans mes amis proches, dans ma famille... proche (et un peu moins)) sont en phase de déprime, de dépression, connaissent d'importantes difficultés. Le cornellianisme a encore de beaux jours devant lui...
Et je visualise terriblement bien leurs bleues à l'âme pour les vivre moi aussi
Je compatie à leur souffrance, à l'unisson avec eux
Je voudrai les aider, les soutenir, leur faire comprendre que je suis là pour eux, que je suis près à tout pour eux
Je ne supporte pas de les voir comme ça, je voudrai qu'ils soient heureux
Je n'y réussis pas... au lieu de réconforter, je lasse...
Je comprends leur * chuuuuut *, ou bien "parlons d'autre chose si tu veux bien", parce que je sais ce que s'est (mais je n'ai pas la prétention d'affirmer que je suis exceptionnel en ça)
Cet article même est symptomatique. Il est destiné à vous, mes proches, à qui je tiens par dessus tout, et le mot le plus fréquemment usité est le "je"...
Voulant bien faire, j'ai l'impression de froisser... Je m'en excuse auprès d'eux...
Qu'ils voient dans ce billet l'expression de ma solidarité renouvellé, de mon affection consolidé, et le témoignage de mes bienveillantes maladresses
Posté le 24.06.2007 par lavieestunarrosoir
ATTENTE DU SOMMEIL
Debout près de la fenêtre
Regardant la lune
Espèrant que le souvenir quittera bientôt son esprit
Elle ferme les volets et éteint la lumière
Et s’allonge sur le lit
Où des images et des mots surgissent de ses pensées
Elle a trop d’orgueil pour tirer le drap sur sa tête
Ainsi elle reste couchée simplement et attend de s’endormir
Elle fixe le plafond
Et essaye de ne pas penser
Elle s’imagine la chaîne
A laquelle elle avait essayé de se raccrocher
Mais ce sentiment est terminé
Et de l’eau ne peut pas recouvrir son souvenir
Et des cendres ne peuvent pas calmer sa douleur
Dieu donne moi la force de respirer
Et de retrouver goût à la vie
Ici-bas avec les cendres
Ou plus haut dans la fumée qui provient du feu
Avec des ailes vers le paradis
Ou ici, allongée dans le lit
La paume de sa main tournée vers ma tête
Maintenant et pour toujours couchée sur mon coeur
Et le coeur du monde
Posté le 23.06.2007 par lavieestunarrosoir
Etrange nuit que la mienne... Je ne rêve pas souvent, mais cette nuit mes visions furent intenses, et je dois bien le dire, assez incompréhensible...
J'ai passé ma nuit à songer, sans toutefois me souvenir d'une grande partie de ces songes. Oh, il me reste bien des images en tête, quelques éléments, mais tout était si étrange, si dépourvu de sens, et pourtant si apaisant... Pour la première fois depuis au moins deux mois, j'ai dormi autrement que superficiellement.
Et puis il y a cette fin dont je me souviens presque parfaitement. J'étais avec une fille - mais je ne voyais pas son visage - et un petit chiot brun, et nous descendions le long chemin d'une dune menant à l'océan. Après un long chemin, ressenti par nous deux comme un chemin de croix, nous arrivons tous les trois en bas, près d'une cabane de pêcheur (avec un bar...), elle s'y installe, mais le chiot continue sa route jusque vers les grandes * très grandes * lames de l'océan... comme s'il voulait mourrir. Alors je cours pour l'en empêcher, je le rattrape, le ramène, mais l'animal fait obstinément demi-tour, jusqu'à disparaître dans une grande vague... Je le cherche désespérement, mais à mon tour je me fais aspirer, je manque d'air...
C'est à ce moment que le visage de la fille apparaît, simplement, sur un fond noir, une personne connue...
Et là je me suis réveillé... avec ces mots dans la tête :
"C'est comme un appel toujours renouvellé
à peine nié, déjà recommencé
Une étoile qui palit la nuit pour briller le jour"
* mais non rassurez-vous, je vais bien... *
Posté le 15.06.2007 par lavieestunarrosoir
Churchill, devenu irrascible avec l'âge, accepte comme une corvée majeure de présider un dîner mondain chez sa fille Mary et son gendre, sir Christopher Soames. L'assistance est très ennuyeuse, Churchill ne déserre pas les dents. Voulant le dérider, le maître de maison se tourne vers lui :
- Et quelle a été, pendant la guerre, la personnalité qui vous a le plus marqué ?
- Mussolini
Ettonnement des convives. Personne n'attendait une telle réponse. Soames, tout aussi interloqué, lui demande :
- Mussolini ? Pourquoi donc Mussolini, chez beau-père ?
- PARCE QU'IL A FAIT FUSILLE SON GENDRE !!!!
(Extrait de Vous n'aurez pas le dernier mot ! aux éditions albin michel, petit livre que je conseille absolument !)
Et vous, vous avez déjà cloué quelqu'un de la sorte ?
Posté le 07.06.2007 par lavieestunarrosoir
Dans la prairie aux herbes d’or
Clairsemé d’arbres majestueux
Près d’une rivière chantante
Une nuit elle est apparue
Sur de beaux galets ronds
Elle s’est assise,
Et je n’ai pu m’empêcher de la regarder
Ses cheveux brillants comme l’argent
Dansaient sur l’air du vent
Et entre deux solos de ses yeux brumeux
Ses paupières battaient la mesure
Son sourire irradiait les environs
D’une chaude lumière,
Nulle fée n’eut été plus belle en rêve
Tout en elle dégageait charme,
confiance et sérénité
Malgré tout je restais immobile
Terrorisé par sa présence
Je regardais mes paumes sales et moates
Mon corps recouvert de plaies infectés
Et je souffrais la comparaison
Pourtant elle s’approcha de moi
Elle posa de douces mains sur mes épaules dégarnies
Sa tête se posa contre la mienne
Déjà je me sentais comme transformé
Elle psalmodia quelques mots dans mes oreilles
De mes mains sortirent des fleurs précieuses
Et je les lui offris, ainsi que mon sourire
Le temps et l’espace n’avait plus court
Elle m’entraînait sur des chemins sans retour
Elle dépassait en splendeur chaque chose alentour
Une étoile éclipsait toute une galaxie
A Toi, ma Muse (fais en ce que bon te semblera ;-)) )
Posté le 12.05.2007 par lavieestunarrosoir

Lorsqu’en 1930, Aristide Briand proposa, en vue de maintenir la paix en Europe, un projet « d’Union Européenne », bien peu se doutaient de l’extraordinaire fécondité qu’allait susciter un tel projet. Il était plus facile de voir la plus grave crise économique du XX° ravager une par une les économies des pays du monde entier (à l’exception de l’URSS) ; il était plus évident de constater la montée des nationalismes, mâtinés de fascisme, de nazisme ou de communisme ; il était de bon ton de constater que l’approche supranationale, « wilsonienne », de résolution des problèmes internationaux et de maintien de la paix (en particulier en Europe), préconisé après la première guerre mondiale, avait échoué. Effectivement, ce projet fut rapidement enterré, en même temps qu’une marche implacable conduisait au désastre de la seconde guerre mondiale. Pourtant, en 1992, l’Union Européenne est consacré par le traité de Maastricht, et le « pacifiste bêlant » que dénonçait, par exemple, l’Action française, s’est révélé être, non pas l’homme qui livrait la France dans les bras de l’Allemagne, mais au contraire un précurseur.
Oh, certes ! L’Union Européenne ne s’est pas exactement réalisé par la voie prévue initialement : le célèbre enchaînement CECA - Marché commun – Traité de Maastricht manifeste la réalisation d’une construction commune européenne par la voie économique plutôt que politique, comme voulu initialement. Mais enfin ! elle s’est faite tout de même, et l’Union Européenne est devenue un des plus formidables édifices diplomatiques bâti par l’homme au cour de l’Histoire universelle.
Rétrospectivement, on peut même considérer que cet apport des « pères fondateurs » de l’Europe (le trio « rhénan » Schumann, Adenauer et de Gasperi, auquel on peut rajouter Jean Monet), c'est-à-dire considérer que la réalisation de l’Union en Europe ne peut se faire uniquement par suite d’une convergence économique, est un ajout fondamental, et tout à fait décisif, dans le démarrage de l’entreprise. En effet, on voit nettement, aujourd’hui que le traité établissant une Constitution pour l’Europe a été rejeté, que la construction d’une Europe politique butte sur de sérieux problèmes, que l’approche économique n’a pas pu dépasser. Sans cette dernière, il est donc fort probable que l’unification du continent n’eu jamais commencé, du moins sous la forme d’une organisation supranationale.
Le problème est sérieux et difficile, et il paraît aujourd’hui hasardeux de prédir comment il sera solutionné. L’Union Européenne, construction nouvelle, inédite dans l’Histoire de l’Humanité, au statu encore mal défini (organisation supranationale ? Etat multiculturel ? organe de coopération d’Etats souverains ?) et au fonctionnement administratif particulièrement compliqué (avec de multiples échelons de pouvoirs, de la commune à l’Union, dont les pouvoirs sont théoriquement attribués selon une notion encore plus complexe, le principe de subsidiarité), butte sur une double permanence de la géopolitique – géographique et identitaire – menaçant son avenir.
Pour comprendre, il est nécessaire de revenir un temps sur la géopolitique des trois principales nations européennes, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Et de rappeler que toute politique internationale amenant un pays au statu de puissance internationale doit combiner une politique continentale et une politique maritime.
L’Allemagne est un territoire sans frontière naturelle véritable, en plein cœur de l’Europe, ce qui rend le pays le pays très sensible aux invasions extérieures, qui n’ont pas manqué de ce produire. Par conséquent, la géopolitique allemande est d’abord une politique continentale, qui doit assurer l’unité du continent, sous une forme où sous une autre, derrière l’Allemagne, afin de pouvoir ensuite mener une politique maritime plus sereinement qui puisse mener ce pays à l’hégémonie. La forme moderne de cette géopolitique, après 1945, est dépourvu de volonté militaire, mais demeure. Le couple franco-allemand à l’ouest (à vocation fédérale pour les allemands), la domination économique et culturelle des 10 nouveaux pays de l’UE, permettent à l’Allemagne d’envisager une forme d’unité continentale propice à une politique maritime lui redonnant une vocation mondiale, vocation perdu après la défaite.
Le Royaume-Uni, est, à contrario, marqué par de véritables frontières naturelles, et par son insularité. La sécurité du pays peut donc être assuré uniquement en développant une marine conséquente, supérieure à celle de la plupart des pays européens réunies, une situation qui s’est souvent produite à partir du XV° siècle. Pour empêcher tout pays européen de mener une politique maritime trop ambitieuse, le Royaume-Uni joue la carte de la division de l’Europe : aucune hégémonie d’un pays européen ne doit apparaître sur les autres, au risque que cette hégémonie se traduise par une politique maritime rivale du pays de sa Gracieuse Majesté. Enfin, il ne reste plus, à l’aide de cette flotte, qu’à contrôler un réseau d’îles partout dans le monde, pour pouvoir projeter l’influence du pays, et garantir la liberté de circulation des navires, et donc de commercer. Depuis 1920, l’hégémonie maritime étant détenu par les USA, l’Angleterre cherche essentiellement à affaiblir les principaux pays européens, de sorte qu’aucun d’entre eux ne puisse contester cette suprématie maritime, essentielle à sa sécurité. Pour ce faire, le pays, adhérant à l’UE, cherche à ne faire de celle-ci qu’une zone de libre-échange, et à faire transférer les compétences des Etat nations vers un organisme supranational, où les décisions seraient impossible à prendre du fait du trop grand nombre de membres et de la règle de l’unanimité… Un scénario pas si éloigné donc d’aujourd’hui, et qui rendrait les Etats européens continentaux si impuissants qu’ils ne représenteraient alors plus aucun risque maritime pour les anglo-saxons…
Si la géopolitique allemande est prioritairement continentale, et l’anglaise continentale, difficile de prime abord de dire quelle est la priorité géopolitique de la France. Il est vrai que la France n’est ni un état seulement continental, ni seulement maritime, mais elle a vocation à être les deux à la fois. Non pas l’un, puis l’autre : les deux à la fois. La France à une longueur de frontières terrestre équivalente aux frontières maritimes. Toute géopolitique qui donnerait la priorité au continent viserait à laisser la domination maritime aux anglo-saxons, et à l’inverse toute géopolitique trop maritime exposerait les frontières… Sous la monarchie, on avait coutume de dire que l’armée française devait être de capable de lutter contre toutes les armées de terre européennes réunies, sauf si l’Allemagne était dans la coalition adverse, et que la flotte française devait équivaloir à toutes les autres flottes européennes, sauf si l’Angleterre était dans la coalition. Autrement dit, la géopolitique française doit être une politique d’équilibre entre la terre et la mer * équilibre, pas parce qu’on est les plus forts (encore que ;)) mais parce que c’est ainsi que l’on peut tirer le meilleur rendement de notre position géographique *. Depuis 1945, cette politique d’équilibre s’incarne dans le couple franco-allemand (tout en maintenant une indépendance pour ne pas rentrer dans le cadre d’une fédération), mais aussi dans le maintien d’une influence en Afrique *pour le meilleur et pour le pire *, dans le monde musulman, et une attention particulière aux DOM-TOM, qui permettent à la France d’avoir la seconde plus grande zone économique maritime réservée au monde.
Comme on le voit, ces trois stratégies, constantes de l’histoire de ces nations (donc appeler à durer), sont opposés à terme les unes aux autres, d’où le problème de la construction politique de l’Union Européenne… Le génie des pères fondateurs a toutefois constitué à réussir à débuter une construction politique, garantissant la paix en Europe, tout en permettant l’accomplissement des géopolitiques traditionnelles de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France, comme j’ai tenté de le montrer plus haut. L’Europe arrivera t-elle à dépasser ce problème majeur, pour construire une union politique ? A ce stade, il est encore trop tôt pour trancher, mais on peut toutefois envisager trois scénarios pour l’avenir. Le premier verrait l’Union Européenne incapable de parvenir à concilier les trois géopolitiques, ce qui aboutirait à son détricotage. Le second, au contraire, pourrait voir la convergence des géopolitiques nationales vers une géopolitique européenne : ce scénario n’est pas exclu, si une réalité territoriale et une conscience européenne émerge. Un troisième enfin, pourrait aboutir au même résultat, sans pour autant que les nations aient convergé. Dans le cadre de la mondialisation, des frontières ouvertes, les Etats ont tendance à perdre de leur souveraineté, et donc de leur influence. L’ordre politico-militaire pourrait tout à fait être progressivement substitué à un ordre marchant, où tout serait de plus en plus régi par l’offre et la demande, où les désirs seraient standardisés et le monde marchandisés, aboutissant de faite à la fin des Etats nations, face à une Union Européenne plus à même d’influer sur ces phénomènes…